L'éditorial du mois de janvier 2007
¡Venceremos!
Avec un peu de retard: mes meilleurs vœux pour 2007.
Une année que je vous souhaite moins pénible que prévue. A partir de février, en France, nous ne pourrons plus fumer dans les lieux publics. Pas même dans nos bureaux! Et même si jusqu'en 2008, nous pourrons savourer nos puros dans les restaurants, il est sûr que cette possibilité, à nous fumeurs de habanos, nous sera de plus en plus contestée.
Parler "cigares" devient de plus en plus dangereux. Mes amis de "Pour une poignée de cigares" sont poursuivis en justice par un organisme – dont je me refuse à donner le nom pour ne pas lui faire la moindre publicité – qui leur réclame des dommages et intérêts! N'ont-ils rien de mieux à faire ces supposés médecins, responsables d'un organisme qui bénéficie de subventions de l'État, que d'aller chercher de médiocres pourboires en tentant de rançonner de simples passionnés qui, eux, ne reçoivent aucun subside. Ni de l'État ni privés.
Ces obstacles, qu'on nous oppose, vont-ils rendre nos habanos plus savoureux? Quand nous pourrons enfin les allumer, jouirons-nous deux fois plus de leur fumée? Les fumeurs vont-ils changer leurs habitudes? Jeter leur dévolu sur ces cigares faits mains mais bon marché, communément appelés "fagots"? Ou, au contraire, iront-ils vers ces pièces d'exception? Fumer peu mais fumer meilleur, disait Zino Davidoff.
Aussi, je me veux optimiste. Nous autres fumeurs de habanos (et aussi ceux qui leur préfèrent des cigares d'autres provenances) je sais que nous ne nous laisserons pas intimider. Encore moins abattre. Nous saurons mieux profiter de nos instants de liberté. Nous saurons apprécier chaque bouffée… ¡Venceremos! Comme disent les Cubains.
Que nous prépare La Havane dont le IXe Festival s'ouvrira le 26 février? De nouvelles vitoles, assurément. On parle beaucoup – un vrai secret de Polichinelle – d'une nouvelle "ligne" de Cohiba: les Cohiba maduro. Le "New European Cigar Cult Journal" détaille ces nouveautés dont personne ne devait parler avant le Festival! Cette nouvelle ligne se caractérisera par des capes sombres vieilles d'au moins deux ans. Ah! Cette nouvelle afición pour les capes sombres! Une vogue qui nous vient des Etats-Unis, où les habanos n'ont toujours pas droit d'entrée. Étonnante l'attention que portent les dirigeants d'Habanos (Cubains et Espagnols réunis, pour une fois). Ils sont aux petits soins pour ce marché qui leur reste fermé. Trois modèles porteront les couleurs de cette nouvelle ligne dont seuls les noms commerciaux gardent leurs mystères. Il y aurait, si j'en crois"European Cigar Cult" (je cite les références de galère), un Edmundo, un petit Edmundo et un Reyes. (À propos, un Petit Edmundo de Montecristo est disponible en France).
Quelques "départs" annoncés: ceux des Diplomaticos N°1 et N°3 (ils ne devraient pas laisser de vrais regrets); des Tainos de El Rey del Mundo (un Julieta 2 doux et goûteux) et des Partagás de Partagás N°1 (le jumeau du 8-9-8). Ils ne devraient plus être produits. Mais j'imagine que vous les trouverez longtemps dans les civettes qui doivent en détenir quelques stocks.
Enfin, Altadis France réclamerait la création d'un robusto de J. L. Piedra. Voilà qui me ramène aux fagots… Il s'en vend de plus en plus, en France. Plus de six millions dont 3,5 pour les seuls J. L. Piedra. Or, chez les concurrents de cette marque (cubaine), triomphent les robustos… Un succès qui, je l'avoue, m'étonne. Qu'ils soient "tripe courte" ou "tripe longue" ces cigares-là n'ont pas de vraies qualités gustatives. Il est délicat de les fumer jusqu'au bout. Si je ne les dédaigne pas, mon choix se limite aux plus petits d'entre eux. Ainsi le Petit Cetros de J. L. P. (à 1 €!) me paraît parfaitement répondre au rôle de "bouche-fumer" que je recherche, alors.
À la veille de l'ouverture de ce IXe Festival, permettez-moi d'exprimer un vœu. J'aimerais que les responsables d'Habanos s.a. aillent plus loin dans leur défense de l'appellation d'origine. Qu'à l'image de Bordeaux, ils créent et défendent des minis terroirs (ainsi, au côté de l'appellation "Vins de Bordeaux", figurent "Pomerol", "Médoc" etc.…). Je rêve de boîtes d'habanos où figureraient les mentions: "capa Robaina", "capa Diadema" et, surtout, que les gens d'Habanos fassent la promotion de vegas finas de primera spécialisées dans la culture de feuilles de tripe. Je pense que la seule mention "Habanos", ne suffit plus. Nous voulons en savoir plus sur ces puros que nous allons avoir de plus en plus de mal à savourer en toute tranquillité.
¿Venceremos?
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