L'éditorial du mois de septembre
Des lois pour interdire
"Il faut une loi pour interdire…" affirme une affiche sur les murs de Paris. Il s'agit d'interdire la corrida. La presse et la télévision annoncent – presque avec gourmandise – que le gouvernement va adopter un décret (une loi donc) visant à interdire de fumer, à partir de janvier, dans tous les établissements publics.
L'avez-vous relevé? Ces lois pour interdire sont prises ou réclamées par ceux-là mêmes qui, en mai 1968, clamaient "Il est interdit d'interdire". Comme ils ont vieilli, ces héros de mai 1968!
Personnellement, je reste persuadé qu'une loi se justifie (et s'impose) quand elle permet, au grand nombre, de mieux vivre. Cette loi anti-tabac va-t-elle vraiment permettre une vie meilleure au grand nombre? "Les fumeurs tuent, chaque année de 30 000 à 50 000 non-fumeurs" affirmaient, au début de l'été, des "experts". Moins de deux semaines plus tard, ils corrigeaient. Il fallait entendre 50 000!
Je l'ai déjà écrit sur ce site (mon édito d'octobre 2002), je ne suis ni savant ni médecin. Mais j'avoue rester perplexe devant ces attaques contre le tabac. D'abord parce que tous ceux qui parlent de ses méfaits, sitôt le mot "tabac" prononcé, ne parlent que "cigarettes". Cigarettes qui n'ont plus grand-chose à voir avec celles que fumait mon père. À grands renforts de produits chimiques, taux de goudron et de nicotine ont été abaissés. Pour notre santé, paraît-il. Il semble, qu'ainsi allégées elles soient devenues plus nocives que jamais. La pipe, le cigare présentent-ils les mêmes dangers?
Sur quelles études scientifiques se basent ces apôtres? Comment peuvent-ils affirmer qu'une seule cause est seule responsable de telle ou telle maladie? Ils sont pourtant médecins… Une (horrible) idée me traverse l'esprit. Et si ces gens étaient liés à ces fabricants de patches et autres gommes destinés à aider les fumeurs à se passer de leurs cigarettes? Et si, dans cinq ou dix ans, on s'apercevait que ces produits de substitution distillaient leur propre nocivité?
L'Irlande, l'Italie, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont montré l'exemple. Et après? Pourquoi, à propos de ce sujet, nos dirigeants oublient-ils cette fameuse "exception culturelle" française?
Ces campagnes anti-tabac sont menées pour notre bien. Pour nous permettre de vivre plus vieux. L'intention est louable, encore que… Est-il vraiment souhaitable qu'augmente le nombre de centenaires? Même si on parvient à imposer à nos chefs d'entreprises de "nous" conserver en activité jusqu'à 70 ans, peut-on sérieusement concevoir une société qui maintiendrait en vie – à des coûts de plus en plus faramineux – des vieillards? Une nuit à l'hôpital coûte aussi cher qu'une nuit dans une suite de palace.
Pour conclure ces réflexions, je rappellerai ces mots que le professeur Jean-Didier Vincent avait confié à "L'Amateur de cigare". Il soulignait que le tabac protège de la maladie d'Alzheimer et concluait "Les risques du cancer de la lèvre, de la langue ou de la bouche existent bien. En même temps, le cigare est anti-stress. Or, le stress est un facteur cancérigène important. Comment apprécier ces données contradictoires? C'est très difficile." Des paroles de sage.
Un petit mot, pour terminer, résolument habanos.
J'ai enfin goûté les deux éditions régionales qui seront lancées, au mieux, début octobre. Un retard dû à la réalisation de la deuxième bague qui les habillera (la mention indiquera clairement qu'elles sont réservées au marché français). Le "Libertador" de Bolivar, un Sublimes, est très goûteux. Par sa taille (et son prix, 16,20 €), il s'agit d'une pièce à déguster après un bon dîner, dans le calme et la sérénité. Au moins une heure trente de plaisir. Quant à "L'Obus" de Juan Lopez, plus abordable en temps de fumage, ne vous privez pas de sa découverte. Un excellent Campanas, proposé à 9 € (prix imbattable vu le modèle). L'exemplaire que j'avais fumé pour "Club Cigare" début juillet, un peu jeune, accusait une très légère amertume à son final. Chez le second, dégusté un mois plus tard, ce défaut avait disparu.
Réservez-les chez votre débitant, car leur premier tirage n'est prévu qu'à 60 000 exemplaires. Bonne rentrée.
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